×
1 mai 2023 | Sur la planète

Pourquoi faut-il arrêter de tondre sa pelouse

Sale temps pour les marchands de tondeuses à gazon. Tondre sa pelouse est une mauvaise habitude qui est en train de passer de mode, et cela pour le plus grand bonheur de la nature. Il existe en effet de bonnes raisons de ne plus tondre son jardin ou, du moins, de ne pas le tondre intégralement.

Au printemps, la tonte de pelouse est une activité courante du weekend dans de nombreux foyers. Pas toujours une partie de plaisir (pour ne pas dire carrément une corvée pour peu que vous ayez un peu de terrain), vous pensiez jusque-là agir dans l’intérêt général en mettant la nature au propre. Pourtant, en tondant votre pelouse vous générez un impact environnemental négatif à plusieurs niveaux. Pas possible ? Si si. On vous explique pourquoi…

Accueillir la biodiversité

Tout d’abord, la tonte de pelouse a un impact fortement négatif sur la biodiversité. En tondant régulièrement votre pelouse, vous éliminez les habitats naturels pour les insectes et autres petites créatures qui vivent dans votre jardin. En coupant les fleurs et les herbes sauvages qui poussent naturellement dans votre jardin vous réduisez les capacités d’accueil de la biodiversité de votre environnement. En conséquence, la tonte régulière de pelouse peut affecter les insectes pollinisateurs, tels que les abeilles et les papillons, qui sont essentiels pour la pollinisation des plantes. De plus, la tonte répétée de la pelouse peut également perturber la chaîne alimentaire naturelle de votre jardin, en éliminant les sources de nourriture pour les animaux tels que les oiseaux et les hérissons.

Pour y remédier, optez pour la tonte différenciée. Comment ? Il vous suffit de ne tondre qu’une partie de votre pelouse, par exemple là où vous circulez le plus. L’autre sera laissée sauvage. Autre possibilité, réaliser une tonte (très) haute pour laisser de l’espace à la faune locale. Le plus ? Amusez-vous en créant des allées tondues et d’autres non, en alternant zones hautes et zones basses, créez des espaces champêtres et colorés pour un effet esthétique assuré.

Autre bénéfice, en plus de préserver la biodiversité, vous allez maintenant pouvoir l’observer autour de vous. Papillons, insectes, oiseaux, hérissons… vous allez avoir plein de nouveaux invités avec qui faire connaissance et apprendre à cohabiter.

Tonte différenciée

Tonte différenciée

Préserver l’eau

Un autre raison environnementale pour laquelle il est important d’arrêter de tondre sa pelouse : l’eau. Les pelouses nécessitent souvent des quantités excessives d’eau pour rester vertes et en bon état, en particulier quand elle sont tondues à ras. Il ne vous aura pas échappé que l’eau est une ressource de plus en plus précieuse, et arroser votre pelouse régulièrement en est un vrai gaspillage, en particulier dans les zones où elle est rare ou coûteuse.

Plus votre pelouse est courte et plus les rayonnements du soleil vont atteindre les racines, à la base du gazon. Le pelouse se dessèche, jaunit et l’eau s’évapore. Au contraire, les herbes hautes gardent les racines du gazon à l’ombre évitant ainsi l’évaporation de l’eau du sol, tout comme elles conservent l’humidité des rosées et préservent votre jardin de la sécheresse. Conclusion, plus il fait beau et chaud et plus on laisse sa tondeuse au garage.

Le plus important dans tout ça est de faire évoluer notre vision du jardin idéal. Alors que la traditionnelle pelouse verdoyante et tondue à la perfection a longtemps fait rêver, les préoccupations environnementales doivent nous inciter à repenser notre vison du beau et du « propre » et apprendre à voir le monde différemment.

On vous conseil à ce sujet l’excellent podcast d’Arte Radio, Le punk est dans le jardin , avec Eric Lenoir. D’après lui : « La conception du jardin qui consiste à faire la démonstration que l’Homme domine la Nature est éculée. C’est le vivant utilisé comme un meuble. (…) Faire comme ça parce que culturellement on doit faire comme ça, ce n’est pas un argument suffisant. On tond sa pelouse parce que l’imaginaire collectif veut que. On a complètement oublié de réfléchir à pourquoi on faisait ça. (…) C’est la démonstration de la déconnection absolue de l’humain de son environnement. »

Alors si c’est bon pour la planète et si en plus ça nous fait du boulot en moins, pourquoi s’en priver ?

À lire aussi :

6 juillet 2022 | Sur la planète | Au potager

Faire pousser des panais, une idée qui ne date pas d’hier !

Le panais, ce légume ancien qui revient à la mode en France est un des rares légumes qui est originaire d’Europe. Il était fort apprécié par les romains et les […]
2 avril 2022 | Communauté

Mon potager, le jardin de la décroissance de Caroline Martin

 Ce blog est un espace pour mettre en avant celles et ceux qui se sont lancés dans un potager en permaculture. Quelles ont été leurs motivations, l’élément déclencheur, qu’y ont-ils […]